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La procrastination face à la page blanche : pourquoi on remet à demain et comment s'en sortir

La procrastination face à la page blanche : pourquoi on remet à demain et comment s'en sortir

‍On a tous vécu ça (sauf lors des rencards de Pochade !). L'onglet ouvert. Le curseur qui clignote. Et vous, qui regardez le plafond, qui allez faire un café, qui revenez, qui regardez à nouveau le curseur, qui décidez qu'en fait c'est peut-être mieux de commencer demain.
par
Pochade
Wednesday
3
June
2026
5 min
papiers colorés et déchirés en mode collage, avec des boules de papier blanc froissé.

La procrastination face à l'écriture, c'est un grand classique. Et on va tout de suite vous dire ce qu’on en pense chez Pochade : on s’en fiche (😄) ! Bon, fin de l’article du coup ? Non, car c’est quand même intéressant d’en parler et de démystifier tout ça. Pis nous on adore vous lire, alors on s’en fiche, mais ne procrastinez pas trop non plus, pensez aux lecteurs ! 

Alors, on va commencer par les banalités évidentes : procrastiner, ça ne veut absolument pas dire qu’on est fainéant, ou moins motivé que les autres. C'est plus compliqué que ça, surtout que Pochade défend une écriture “plaisir”... Est-ce que le plaisir d’écrire s’arrête si on doit se “faire violence” pour écrire ? (Vous avez quatre heures).

C'est rarement un problème d'inspiration

On confond souvent procrastination et manque d'inspiration. "Je n'écris pas parce que je n'ai pas d'idée." Peut-être. Mais très souvent, les idées, elles sont là. Elles tournent dans la tête depuis des jours. C'est le passage à l'acte qui coince.

Il y a plusieurs coupables habituels.

– Le perfectionnisme, d'abord. L'idée qu'un premier jet doit déjà être bon. Que si ce n'est pas bien écrit du premier coup, c'est raté. Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça – ni pour l'écriture, ni pour rien d'autre. Un premier jet, par définition, c'est imparfait. C'est même fait pour ça. Souvent on remet à demain parce que demain, le texte n'existe pas encore, et tant qu'il n'existe pas, il peut encore être parfait. C'est une logique tordue, mais c'est une logique.

– La peur du regard des autres, ensuite. Même si on écrit pour soi, même si personne ne lira jamais ce texte, il y a cette petite voix qui dit : et si c'est vraiment mauvais ? Cette voix, tout le monde l'a. Les auteurs publiés aussi, d'ailleurs. On procrastine parfois pour fuir le risque que ce qu'on écrit soit nul. Que ça ne soit pas à la hauteur de ce qu'on avait en tête. Que les autres le lisent et jugent. Ou pire, que personne ne le lise du tout.

– L'absence de cadre, enfin. La procrastination a mauvaise réputation, mais ce n’est pas de la paresse. On l'associe à la “flemme”, à l'indiscipline, au manque de sérieux. "Il faut juste s'y mettre", dit-on. Comme si c'était si simple. Écrire "quand on a le temps" ou "quand on est inspiré", c'est souvent, en réalité, ne jamais écrire. L'inspiration n'attend pas toujours qu'on soit disponible… (pas cool).

"Je commencerai demain"

Il y a quelque chose de particulièrement sournois avec la procrastination liée à l'écriture créative : contrairement à une tâche professionnelle avec une deadline, personne ne vous attend. Aucune réunion ne sera annulée si votre nouvelle reste inachevée (ceci dit, ce serait drôle ! “Navré mais je suis encore sur la dernière pochette là… annulez le call du Pentagone” – oui, vous travaillez au ministère de la Défense). Aucun mail de relance non plus ! Enfin si allez sur Pochade, on pourrait vous prévenir qu’un atelier s’arrête bientôt… ça vous intéresse ?

C'est à la fois une liberté magnifique et un piège redoutable. Sans contrainte extérieure, on s'en crée rarement une soi-même. Et demain devient une date repoussée à l'infini.

Le truc, c'est que les idées, elles, ne patientent pas éternellement. Un détail qui vous avait traversé l'esprit un soir, une image parfaite pour ouvrir un texte, une réplique de dialogue qui vous avait semblé évidente… tout ça s'estompe. Et quand vous rouvrez enfin l'onglet, quelque chose s'est perdu. Et c’est là que ça devient dommage ! Quand la liberté vous empêche de profiter pleinement de l’écriture créative (oups, c’est paradoxal) !

Alors, comment on s'en sort ?

On ne va pas vous donner une liste de conseils en cinq points chrono et vous promettre que ça changera votre vie. Ce serait trop facile, et probablement inefficace.

Ce qu'on peut dire, c'est que la plupart des personnes qui écrivent régulièrement ont trouvé un truc à elles. Un rituel, une contrainte, un contexte particulier. Pas une recette universelle, mais leur recette à elles (et pour certaines, on espère que c’est Pochade !).

Certains écrivent toujours au même endroit. D'autres se donnent un temps très court : "juste dix minutes, pas plus." D'autres encore utilisent des contraintes d'écriture… Nous, forcément, on croit énormément à ça ! Toutes les contraintes ne vont pas vous inspirer, mais ce qui est certain c’est que même un atelier d’écriture qui vous inspire moins vous aidera à vous lancer s’il est bien cadré. La preuve c’est le rencard qui est organisé une fois par mois, et qui vous impose d’écrire en un temps limité. Vous êtes nombreux à avoir écrit votre premier texte sur la plateforme grâce à lui. Quand on a 4h pour écrire, on ne procrastine pas, et quel plaisir au final (enfin c’est vous qui le dites 😄).

La solution : la contrainte, mais sur un espace libre ?

Quand nous avons pensé à créer Pochade, nous souhaitions un espace prônant la liberté et le plaisir d’écrire avant tout. Mais d’expérience nous savions que cette liberté a parfois l'effet inverse : les nouveaux arrivants n’écrivent pas toujours. Même des personnes qui étaient hyper enthousiastes au départ, qui ont vraiment envie d’écrire !

Alors, au final “la contrainte, mais sur un espace libre” c'est un peu le pari de Pochade. Les ateliers d'écriture, les Pochettes, les rencards, les conseils… tout est construit autour de l'idée qu'une contrainte bien pensée libère plus qu'elle ne bloque. Un thème, une durée, une communauté qui écrit en même temps que vous : autant de raisons de ne pas remettre à demain.

Parce que parfois, ce qu'il faut ce n'est pas plus de motivation. C'est juste une petite poussée au bon endroit. 🙂

Découvrir les ateliers d'écriture Pochade

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